| ROBY nous a écrit |
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Voici la lettre de ROBY, le très vieux Labrador que j'ai pu sortir de refuge en lui trouvant un panier-retraite, chez Anne, une sympathisante et amie. C'est très beau !! De : Roby-labrador 12 ans - TSD 647 A : Deanna Martin de Appa-Equidés ... grâce à
qui je suis là, A : Valérie ,
Christine, Marie Pierre
. " Depuis quand la
notion de temps et despace sest
elle perdue ? je ne me souviens même plus de ma vie davant
juste
dune errance, de la peur, de la soif, surtout des voitures et des gens, aucun
ne me regardait
puis la fourrière, le camion et je suis arrivé ICI ce lieu dont
je ne connais même pas le nom et ou ma vie sest arrétée . Ce nétait pas
possible, ils allaient revenir, dire leur joie de me retrouver, quils
sétaient inquiétés et tout et tout . Mais je me rends compte que je nai que
peu de souvenir de ma famille, pourtant je suis bien rond, donc bien (trop ?) nourri,
jai un collier, une médaille, un tatouage, bref une carte didentité et bonne
et due forme, donc, patience, cest sur, ils vont venir me chercher. Voilà six mois que
jattends. Je partage ce lieu, une
« cour », avec dautres
chiens, comme moi « marginaux », des perdus, des chiens du divorce, des chiens
dont les maitres âgés sont partis, les enfants veulent bien hériter de la maison, mais
du chien
pour peu quil soit un peu vieux , pelé ou quil sente
mauvais ???? cest un comble ! donc direct vers ce quil appellent
pudiquement refuge, se disant bien hypocritement que, bien sur, ils seront vite adoptés
. ICI les humains sont
attentifs, mais comment voulez vous être câlin avec plus de 300 chiens ? Donc ils
sont toujours pressés, nettoyer, (ça, cest nickel !) courir partout, je ne
sais pas après quoi ? Préparer la nourriture et nous donner à manger deux fois par
jour, cest le seul moment de joie dont je me souvienne, mais il fallait gloutonner
sinon les copains vous piquent la ration. Et mes copains
dinfortune qui « craquent », sinjurient, puis se battent, surtout
la nuit
quand le désespoir se fait total. Lespace ? Je
le partage, me calant dans un coin pour ne pas déranger, ne pas risquer de me faire
agresser, je suis le plus vieux de la cour. Mes
pattes me font mal, jai du mal à me relever et encore plus à marcher donc
pour moi la notion despace sest vite résumée à la porte du chenil ou nous
faisions demi tour quand les humains avaient enfin un peu de temps pour nous sortir de nos
cages
cétait la « promenade », certes ce mot ne mest pas
inconnu, mais cela ne ressemblait pas à ça
Je suis arrivé en mars,
il faisait froid, le printemps est vite venu
avec ses odeurs de fleurs et le temps des bébés chiens, avec ce renouveau, jallais
sortir
. Les jours
d »ouverture au public » les humains défilent devant nos cages, nous
regardent, commentent notre robe, notre regard, font des commentaires sur notre âge, puis
nous tournent le dos
certains dentre nous ont de la chance, je les vois
partir au milieu de petites familles, des enfants qui vont choisir la couleur du collier,
la maman qui dit Et moi, pensez vous, je
suis gros, vieux et moche, mon poil devrait noir et luisant, il est terne, gris et
rèche
je suis couché la majorité du temps
la « belle saison »
est arrivée, il a beaucoup plu. Je nattend
finalement plus rien, si ce nest lheure de la gamelle, nous avons un petit mot
gentil, avec, mais là encore, les humains courent toujours
.A la pluie succède la
chaleur, nous sommes à labri des canisses, sous les brumisateurs, mais mon poil
noir est si dense que la fraicheur natteint pas ma peau . Je reste prostré et
haletant attendant la fraicheur de la
nuit ;.. Finalement je ne sais
même plus ce que jattends
Lautomne et
lhiver vont venir, et cela fera
un an, bon, je tiens jusque là, après je me
laisse partir, jen ai assez despérer , lespoir cest bien
pour les beaux et jeunes chiens, plus pour moi. Ce jour douverture
au public était aussi chaud que les autres, les humains étaient nombreux, les vacances
finissent
ils passent indifférents, je ne retiens lattention de personne, et
mes camarades ont cessé de tenter de
séduire. Valérie, lhumaine
qui soccupe de nous avec beaucoup dautres a mis un petit panneau pour attirer
lattention vers moi, mais personne ne le
lit
Et puis Elle est arrivée, ma appelé par mon nom,
ma trouvé moche comme les autres, et est partie
. Quelquun est venu
me chercher, il y a si longtemps que lon ne mavait pas mis une laisse autour
du cou que je narrivais même plus à me lever tant lémotion était intense,
on allait se promener ? Mais Elle était toujours
là, on madit de me coucher dans le
bureau, elle sest assise sur une chaise et a mis sa main sur ma tête, Elle
memmène promener ? Et jattends,
vautré, les pattes en croix, les humains menjambent, jen ai marre, jai
chaud, il y a trop de bruit. Dautres chiens
sen vont, une petite chienne , pourtant pas de la première jeunesse, chez des
anglais, un bébé chat chez un tout jeune
couple qui le regarde comme on regarde un enfant
, et puis Rex, infernal berger
allemand de deux ans, beau comme alain delon, et capricieux comme une star et puis
une petite chienne epagneul breton, et la dame du bureau disait que « non, non, les
chiens ici, ne chassent pas » ! Elle a bien insisté et la petite chienne est
partie avec sa nouvelle famille enchantée. Enfin, Elle
sapproche du bureau, cest son tour, on va faire un tour ???? La dame du bureau sort
mon carnet de santé, je suis « à jour » partout, vieux, certes, mais en
bonne santé, elles parlent et font des papiers
jattends quon me
ramène dans ma cour. Puis, accompagnés par
une humaine du refuge, nous passons le portail, je ne suis pas passé au-delà depuis mon
arrivée en raison de ma locomotion hésitante
jusquà une voiture, je suis
tellement ému que jen ferai pipi partout, elles se mettent à deux pour me monter
dans le coffre, spacieux, climatisation et bol deau . Je dois être mort ou
« pincez moi, je rêve » je men vais ???? Eh oui ! Je part
aussi, trois heures de route ou je me pose tant de questions ? puis mendort,
elle me surveille dans le rétro, nos regards se croisent, elle rie, je ronfle ! Nous sommes « à la
maison », des mots quil me faut ré-apprendre, je suis si heureux que je saute
du coffre, oubliant que mes vieilles pattes ne supportent plus mon poids, et plouf, je
tombe sur le sol De lherbe ! les chiens de la maison viennent me saluer,
courtois, sans plus, ça viendra. Et puis je suis si fatigué, que je ne tiens plus
débout, je traine mon arrière train comme paralysé, Elle essaye de me porter mais je
suis plus lourd quElle ! Je vois que ça linquiète
je fais
quelques pas jusquà une flaque de boue et my roule avec délice, mais je ne
peux plus sortir, et là, elle a peur que je passe la nuit là, elle me passe une sangle
autour du ventre et oh hisse, je retombe, elle a de la boue jusquau nez, et moi je
ne suis pas fier
bon, jarréte de vouloir jouer les chiots sinon elle va
perdre patience !.. on pourrait avoir un petit casse croute ? Jai dormi en
ronflant, comme dhabitude, et je me suis réveillé toujours ici on a fait
une « vraie » promenade sous les arbres (pour moi, cest Voilà, que
mon histoire serve à redonner espoir aux plus moches, que les » Elle » nhésitent pas à venir nous chercher, certes
nous ne sommes pas beaux, mais nous saurons le devenir, pas jeunes, mais d une
grande sagesse, nous avons une telle
conscience de notre destin que chaque minute de la vie qui nous reste à vivre vous sera
consacrée ! Roby-Labrador
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APPA-EQUIDES
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